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TROUBLES HEPATIQUES

ET MALADIES PARODONTALES

            Chaque praticien sait bien que les seuls facteurs locaux ne suffisent pas, à eux-seuls,  pour expliquer l'apparition et le développement de certaines maladies parodontales. Et trop de praticiens, généralistes ou parodontologistes, oublient ou négligent de rechercher une éventuelle cause générale, qui sont hélas très nombreuses. La bouche, plus que n'importe quel autre organe ou tissu ouvert sur l'extérieur, reflète le moindre déséquilibre organique endogène ou exogène.


            Parmi les causes générales qui peuvent engendrer ou expliquer une maladie parodontale, on doit placer en place importante les troubles de la fonction hépatique, pour de nombreuses raisons qui seront envisagées plus loin.  Et pourtant cette cause semble ignorée en médecine classique. Les ouvrages classiques sur la parodontologie n'en parlent pas. 


            C'est volontairement que nous avons intitulé ce cours "Insuffisance hépatique et maladie parodontale", parce que c'est une notion que l'on retrouve souvent dans les revues homéopathiques, surtout anciennes. On peut aussi remplacer cette notion par celle de troubles fonctionnels de la fonction hépatique. Cela ne change rien au problème. Il est incontestable que ces troubles peuvent retentir chez certains patients ou malades au niveau de leur parodonte.

            Que l'on permette à un dentiste homéopathe de justifier ses affirmations par des arguments basés sur des constatations des médicaments homéopathiques impliqués dans le traitement des troubles hépatiques, médicaments qui ont tous, dans leur matière médicale, les deux groupes de signes = hépatiques et bucco-dentaires.

Quelques rappels sur les causes générales des maladies parodontales:


            Les rappels ci-dessous sont empruntés à un texte de Alain RIVAULT, publié dans une brochure bien documentée et illustrée, éditée il y a déjà des années (aucune date n'est précisée) par les laboratoires UPSA.


1/ Facteurs génétiques:


            Il est probable que le code génétique joue un rôle dans le développement d'une maladie parodontale. Il y a des sujets plus sensibles que d'autres aux causes déclenchantes. C'est la notion de "terrain" pour laquelle les officiels reconnaissent bien volontiers des difficultés de compréhension pour l'instant, mais que les homéopathes interprètent à partir des modes réactionnels.


2/ Les facteurs nutritionnels:


            Il est certain que le mode de vie et les conditions alimentaires jouent un rôle dans l'apparition ou l'évolution de la maladie parodontale. Une alimentation trop liquide favorise l'accumulation de la plaque dentaire, l'excès d'hydrates de carbone et de sucres influencent la flore buccale. Les erreurs alimentaires, les carences, la sous-alimentation, etc… sont autant de facteurs aggravants ou déclenchants.  Le scorbut en est une illustration, mais certaines carences minérales évoluent discrètement et perturbent la minéralisation alvéolaire.


3/ Les facteurs psycho-somatiques:


            Ce chapitre manque d'arguments définitifs. Mais il est constaté une grande fréquence de maladie parodontale chez les malades mentaux, sans doute due surtout à un manque d'hygiène buccale. Le stress peut affaiblir la résistance des tissus.


4/ Les facteurs endocriniens:


            Le diabète, la grossesse, la période pubertaire, la ménopause, l'hypothyroïdie, etc.. sont autant de facteurs prédisposants ou aggravants.


5/ Les facteurs sanguins:


            Les anémies et les leucémies s'accompagnent de modifications spécifiques de la muqueuse buccale. La gingivite peut être très grave, mais les facteurs locaux ajoutent leur action iatrogène.


6 / Les facteurs pharmocologiques:


            L'exemple le plus frappant est la gingivite hyperplasique due au diphénylhydantoïnate de soude.

 

            Cependant, les facteurs locaux sont très nombreux et expliquent très souvent l'apparition et le développement plus ou moins grave d'une maladie parodontale. Citons les principales cause locales:


7/ Les facteurs iatrogènes:

  


8/ Le traumatisme occlusal:


            L'action des forces qui s'exercent sur la dent peut être excessive, mal orientée et entraîne des phénomènes de résorption osseuse au niveau du cément, du ligament alvéolo-dentaire et du tissu osseux. Les conséquences sont souvent réversibles après traitement, mais parfois la lésion parodontale atteint un stade irréversible, notamment lorsque d'autres facteurs se surajoutent. On peut ajouter les malpositions dentaires dans ce chapitre.


9/ Autres facteurs locaux:


            La respiration buccale peut favoriser une hyperplasie gingivale. L'usage excessif du tabac a une action cytotoxique et son action vasoconstrictrice peut perturber les moyens de défense gingivaux.


            Le tartre est un facteur trop bien  connu pour insister = 3 cas encore constatés aujourd'hui !

  

DE LA GINGIVITE A LA PARODONTITE

 


            Dans l'immense majorité des cas, les maladies parodontales débutent par une réaction inflammatoire à des causes locales. L'évolution dépend étroitement de la virulence de ces causes elles-mêmes et du pouvoir réactionnel de chaque patient. Nous constatons tous les jours dans nos consultations des patients négligeant leur hygiène dentaire ou alimentaire et ne présentant aucune lésion dentaire ou gingivale. Souvent une cause locale ne provoque d'un trouble local, sans aucune extension. Et à l'inverse, on peut déplorer une atteinte parodontale sans qu'aucune des causes locales, ou même générales, ne puisse être mise en évidence avec certitude. D'une manière générale, la gingivite est réversible dès lors que les causes locales ont été supprimées. Mais lorsque l'origine n'est pas locale, on peut assister à une évolution vers l'aggravation, c'est-à-dire vers le développement d'une maladie parodontale de moins en moins réversible. On peut ainsi expliquer certaines récidives après des traitements parodontaux bien conduits. Et ce, d'autant plus que très souvent des causes générales et locales sont  entremêlées, les dernières pouvant "masquer" la cause générale éventuelle.


            Cette évolution défavorable peut se voir à l'occasion d'une aggravation de l'état général ou des conditions locales. Le diagnostic d'une parodontite pose parfois un problème car il n'y a pas forcément de corrélation entre l'aspect clinique et le degré véritable de l'évolution, notamment dans les formes chroniques. Alors qu'une banale gingivite réversible peut offrir au praticien des aspects facilement visibles à un examen banal, comme par exemple les gingivorragies ou une mauvaise haleine, ou encore une douleur affirmée par le patient, une parodontite peut très bien évoluer sans signes cliniques apparents, et seul un examen attentif, complété par des radiographies, permet de mesurer l'étendue de l'atteinte parodontale.




L'INSUFFISANCE HÉPATIQUE SEMBLE

 UNE CAUSE OUBLIÉE OU MÉCONNUE

            Dans un petit ouvrage intitulé: "L'insuffisance hépatique", le regretté Maurice PLAZY (1907-1985) affirmait d'emblée: "Insuffisance hépatique est un terme vague mais pratique. Employé parfois de façon abusive, il englobe aussi bien les graves altérations de l'organe que les dysfonctionnements légers que l'on rencontre si fréquemment en clientèle".


            Il y a environ 30 ans, Roland ZISSU offrait à ses élèves un cours sur l'insuffisance hépatique et proposait un tableau des principaux médicaments impliqués. Nous avons eu l'idée de regarder la Matière médicale et nous avons constaté que tous ces médicaments étaient également largement impliqués dans le traitement des gingivites ou des maladies parodontales. Notre raisonnement ne reposait que sur des constatations cliniques et nous pensions que la Matière médicale homéopathique corroborait cette thèse.

  

            Bien des années plus tard, vers 1992-1993, en créant une base de données informatisée, nous avons découvert deux articles de O. CASTUEIL, médecin homéopathe à Vichy. Dans ces articles de l'Homéopathie française de 1934 n° 1 et  de 1939 n° 4, il affirmait, arguments cliniques à la clé que "la pyorrhée alvéolo-dentaire avait dans certains cas une origine hépatique".


Dans l'article de 1939 évoqué ici, il traite de la pyorrhée alvéolo-dentaire, terme générique de l'époque pour ce que l'on appelle aujourd'hui la maladie parodontale ou parodontopathie. Aujourd'hui, le terme de "pyorrhée" n'est plus admis dans la mesure où son origine étymologique signifie "pus" et que toutes les maladies parodontales ne suppurent pas.


            D'emblée, O. CASTUEIL s'étonne que durant ses études médicales, puis au cours de sa pratique ou dans les réunions auxquelles il assistait, il entendait rarement parler de la pyorrhée alvéolo-dentair et que dans les réunions avec des dentistes ou des stomatologistes, tous ne parlaient d'elle que comme une maladie locale : "Pour un malade qui me dit que son dentiste lui a laissé entendre qu'il s'agissait de désordres hépatiques, combien d'autres me parlent d'un traitement local toujours nouveau, toujours infaillible et de plus en plus compliqué qu'on leur a préconisé". On ne peut être que frappé par la pérennité de cette attitude. Et aujourd'hui, cette attitude est encore plus vraie que jamais. Lorsqu'une technique brillante a été réalisée et qu'une récidive est déplorée, il s'est passé un an, voire deux ou trois et entre temps, une nouvelle technique tient la vedette. On a cureté, ligaturé, réalisé des lambeaux de toutes sortes, puis des greffes, aujourd'hui des comblements avec du corail. On explique cette récidive le plus souvent en culpabilisant le patient qui aurait négligé son hygiène bucco-dentaire. Qu'en sera-t-il demain ? Un nouvel espoir pointe, celui des protéines ostéogéniques. Mais qui parle de causes générales, en dehors de quelques affections comme le diabète ? Surtout si le patient semble en bonne santé selon les normes "classiques" ?


            Or, CASTUEIL souligne qu'en parcourant la Matière Médicale Homéopathique "nous sommes stupéfaits de constater, une fois de plus, combien ceux qui ont réuni les précieux documents qui la composent étaient de merveilleux observateurs et d'incomparables cliniciens". Car dans les pathogénésies, on trouve à l'évidence tous les éléments cliniques qui composent la maladie parodontale, observés par des généralistes homéopathes. CASTUEIL insiste :"Le grand fait sur lequel je veux insister c'est que, pour les homéopathes, la pyorrhée alvéolo-dentaire n'a jamais constitué une affection locale". Et il cite les travaux de Bertrand de NEVREZE (médecin homéopathe, stomatologiste, collaborateur de Léon Vannier au CHF, professeur d'orthodontie à Paris) publiés dans la revue L'Homéopathie française dès 1912 dans lesquels ce dernier accusait déjà les intoxinations générales, dont la toxine tuberculinique.


                        O. CASTUEIL explique son point de vue: "Il ne faut pas voir, dans ces foyers d'infection alvéolo-dentaire, uniquement un accident local, mais une manifestation externe d'un mauvais état général, le foie ne remplissant plus correctement son rôle. Ils doivent être considérés comme de véritables exutoires. Ils constituent des réactions de défense d'un organisme saturé de toxines et dont ils contribuent à assurer la décharge pour suppléer à la défaillance du foie". Et un peu plus loin, il décrit les signes locaux: "Au début les gencives saignent facilement, mais conservent un aspect normal; peu à peu, elles se tuméfient, prenant une teinte livide, les dents commencent à se déchausser. Plus tard, les gencives sont bordées d'un liseré de pus. Les dents finissent par se mobiliser et par s'éliminer l'une après l'autre.... Pour compléter ce tableau ..., les sujets qui en sont atteints ont toujours leurs dents recouvertes de dépôts calcaires plus ou moins abondants, si bien qu'on a cru voir dans ces derniers le point de départ de l'affection. Il n'en est rien et c'est confondre l'effet avec la cause. Il est clair que ces dépôts, une fois constitués, contribuent à entretenir et à aggraver le mauvais état des gencives...". Dans la conception des modes réactionnels, et en particulier du mode psorique, on imagine les conséquences = en supprimant l'exutoire gingival, on suscite le risque d'une métastase morbide, au sens homéopathique.


            On ne peut être qu'admiratif devant le bon sens de ce praticien. Le Dr CASTUEIL n'était pas dentiste ou stomatologiste, il était généraliste, rappelons-le. Alors, il a l'idée de demander son avis sur cette affection à un vétérinaire et voici la réponse du Dr PIGOT, elle est passionnante: "La pyorrhée semble être, chez les animaux, la conséquence de la sédentarité, d'une alimentation sans doute exagérée, et probablement anormale. C'est une maladie du chien de ville ou du chat d'appartement. Le chien de ferme et le chat qui courent et chassent sont très rarement atteints. Il est à remarquer que les sujets pyorrhéiques sont, comme vous le signalez, souvent atteints d'insuffisance hépatique. Ce sont presque toujours des chiens trop nourris, dont le foie est fatigué par suite de cette alimentation surabondante et de la difficulté rencontrée pour éliminer de nombreux déchets engendrés, qu'un exercice insuffisant ne leur a pas permis de brûler". C'est bien là un procès de la sédentarité

Sur le plan thérapeutique, il cite surtout HEPAR SULFUR et préconise une recette qu'il dit avoir apprise en Indochine. Il conseille aux patients de prendre une fois par jour du sulfate de soude anhydre , la valeur d'une pointe de couteau à sec sur la langue ou avec un peu d'eau, en ajustant la quantité selon l'apparition d'une diarrhée. Il conseille bien entendu la suppression de toutes les causes locales d'irritation, le maintien d'une hygiène dentaire et la prise d'un médicament homéopathique de fond, selon les symptômes du patient; sans oublier un régime alimentaire approprié. Bien entendu, il confesse que la recette du sulfate de soude à dose faible mais pondérable n'est pas homéopathique.  Mais ce sulfate de soude n'est rien d'autre que notre Natrum sulfuricum, l'un des médicaments cités par R. ZISSU et  pour lequel les matières médicales précisent: "Les gencives brûlent comme du feu, elles sont rouges et ulcérées… Les dents deviennent branlantes et tombent facilement".


            Dans son article de 1934, O. CASTUEIL rapporte un cas très intéressant de "pyorrhée" encore peu importante, se manifestant surtout par une haleine très désagréable de vieux fromage. L'observation des dents et de la gencive est admirable pour un médecin généraliste: l'usage d'un cure-dent entre les dents laisse apparaître un magma blanchâtre d'odeur épouvantable, gencive légèrement gonflée notamment au niveau des incisives et des canines inférieures avec début d'alvéolyse (signe caractéristique de congestion de SULFUR).; hyperesthésie des collets au contact, légère hypertrophie des languettes interdentaires, gingivorragies de sang noir et putride au moindre brossage, tartre abondant, "les signes que je viens de décrire ne sont pas manifestes, exception faite de la mauvaise odeur, très atténuée du reste par des soins de bouche constants". Il fallait donc un mérite certain pour les avoir mis en évidence, surtout lorsqu'on n'est pas dentiste. HEPAR SULFUR a été donné d'abord en basse dilution, puis en plus haute (6K, puis 30K, puis 200K). Ce qui est intéressant ici est que le patient est un cas de HEPAR SULFUR CHRONIQUE,  remède s'intégrant dans la série psorique, le patient en avait d'ailleurs de très nombreux signes digestifs, cutanés et psychiques, au degré faible, et la conclusion de CASTUEIL est parfaitement logique: le patient éliminait ses endotoxines par un émonctoire de suppléance: le parodonte..


            Le Dr CASTUEIL était, rappelons-le encore, médecin homéopathe à Vichy et il voyait défiler dans son cabinet de nombreux hépatiques. Dans un autre article, "De quelques signes trop souvent méconnus ou négligés de l'insuffisance fonctionnelle du foie" (L'Homéopathie Française" n° 9 - 1936), il affirme que la totalité de la clientèle de Vichy correspond aux remèdes suivants: SULFUR, PSORINUM, NATRUM MURIATICUM, NATRUM SULFURICUM, LACHESIS, THUYA, LYCOPODIUM, KALI CARBONICUM, CALCAREA CARBONICA, SEPIA, PULSATILLA, MERCURIUS et PHOSPHORUS.  Parmi les signes méconnus de l'insuffisance hépatique, il cite: les rêves lugubres (mort, enterrement, serpents, chute...) - l'aérophagie - la sensation de sécheresse buccale avec une salive cotonneuse - la langue et la gorge râpeuse - gonflement de l'angle interne des paupières - le prurit généralisé - la paresse et la difficulté de concentration, etc... Allez décrire cela à des confrères classiques !


            Voilà pour cet article qui reste très intéressant plus de soixante-dix ans après sa publication. N'est-il pas ?


            On peut se demander quel peut être le lien de cause à effet entre un trouble de la fonction hépatique et une maladie parodontale. L'explication la plus logique, celle à laquelle on pense d'abord, surtout les praticiens homéopathes, est le développement progressif d'une congestion veineuse qui se répercute petit à petit en raison de la congestion portale ou cave. Il est intéressant de noter que chez certains patients ayant un mode de vie sédentaire, la maladie parodontale peut accompagner, précéder ou suivre l'apparition d'hémorroïdes ou de varices. On pense immédiatement au tandem SULFUR / NUX VOMICA. On constate également et parfois une alternance entre les troubles gingivaux et une poussée d'hémorroïdes.


            Dans ce cas de figure, et au tout début de cette décompensation, le patient peut venir consulter son dentiste pour de banales gingivorragies que l'absence de causes locales n'explique pas. L'évolution vers le développement d'une maladie parodontale de plus en plus grave peut s'expliquer par le fait que la congestion veineuse des tissus parodontaux favorise des perturbations de la réponse immunitaire buccale et gingivale. Et d'autant plus que le composant sécrétoire qui permet l'agglutination de deux IgA salivaires est en partie élaboré par le foie. Ainsi se constituent progressivement des foyers inflammatoires et on sait bien que l'inflammation gingivale, qui est un des moyens de défense de l'organisme, constitue également une menace pour le parodonte, l'inflammation dépassant son rôle en devenant elle-même pathogène. Or à ce stade, les mesures d'hygiène buccale (brossage, détartrage…) ne suffisent pas à enrayer la maladie parodontale débutant par les gingivorragies, tout simplement parce que la cause n'est pas buccale, mais résulte du mode de vie sédentaire et des troubles fonctionnels de la fonction hépatique qui en découlent. Pourtant, on ne trouve pas ces notions étio-pathogéniques dans les traités de parodontologie.

Douleurs au foie

Quelques rappels sur la clinique de l'insuffisance hépatique:


            Elle s'exprime par les signes suivants:

  

  1. Soit de l'hypocondre droit avec irradiations postéro-antérieures entretenant une gêne respiratoire è BRYONIA, CHELIDONIUM, LYCOPODIUM.

  2. Soit des douleurs épigastrique à rythme pseudo-ulcéreux de périodicité courte, parfois capricieuse et irrégulière è BRYONIA, CHAMOMILLA, CHINA, NUX VOMICA.

  

  1. Soit une dyspepsie hypersthénique: BISMUTHUM, CAPSICUM, ETHYLICUM, IRIS VERSICOLOR, ROBINIA, SULFURIC ACID.

  2. Soit une dyspepsie hyposthéniante: ANTIMONIUM CRUDUM, CALCAREA CARBONICA, CARBO VEGETABILIS, CHINA, GRAPHITES, KALI CARBONICUM, LYCOPODIUM, NUX VOMICA…

  3. Soit de nausées et de vomissements alimentaires et/ou biliaires sans horaire précise.

  4. Soit enfin des troubles colitiques, des épisodes diarrhéiques irréguliers dont la fréquente diarrhée post-prandiale è CHINA, PODOPHYLLUM, RICINUS.

  

  1. Les migraines sans douleur de l'hypocondre droit è SULFUR, NUX VOMICA, SANGUINARIA, NATRUM SULFURICUM, PODOPHYLLUM, BRYONIA, IRIS VERSICOLOR…

  2. Les migraines associées aux troubles hépatiques è SEPIA, CARDUUS MARIANUS…

  3. Les migraines avec disparition progressive è LYCOPODIUM, CHINA, CHELIDONIUM, PHOSPHORUS, DIOSCOREA, COLOCYNTHIS…

  4. Des troubles cutanés et des manifestations générales = anorexie, amaigrissement, asthénie, cyclothymie…


Les causes de l'insuffisance hépatique:

  1. Les atteintes hépatiques antérieures, dont l'hépatite virale (30% des cas).

  2. L'alcoolisme (+++).

  3. La sédentarité avec ses excès et ses erreurs alimentaires.

  4. Les séquelles de certaines maladies (typhoïde, paludisme, parasitoses intestinales…) ou de certaines intoxications, notamment médicamenteuses.

  5. Les facteurs héréditaires dont pour les homéopathes le mode réactionnel tuberculinique, mais aussi luétique, ou encore sycotique et pour les facteurs acquis le mode psorique.


Remarque: le traitement de l'insuffisance hépatique n'appartient pas au chirurgien-dentiste. Mais la constatation de lésions gingivales ou parodontales chez un patient alors qu'aucune cause locale ne l'explique doit inciter le praticien à rechercher une cause extra-buccale par un simple interrogatoire et conseiller ensuite la consultation d'un médecin, homéopathe de préférence.  

ETUDE DES PRINCIPAUX MEDICAMENTS HOMEOPATHIQUES

DE L'INSUFFISANCE HEPATHIQUE

Commentaire

d'Alain HORVILLEUR

S U L F U R


Le soufre minéral ou organique intervient dans tous les métabolismes importants, dans tous les processus enzymatiques.  Il joue un rôle très important dans les mécanismes de désintoxication et cette seule fonction suffit déjà à justifier son action dans le mode réactionnel psorique.


1/    Les signes bucco-dentaires:


 


          On trouve plusieurs dizaines de signes buccaux dans l'ouvrage d'HAHNEMANN sur le Traitement des maladies chroniques.  Mais ces signes sont bien résumés par les deux auteurs ci-dessus cités.


2/    Le contexte général et commentaires:


SULFUR est 1'un des médicaments les plus importants de la Matière médicale homéopathiqueHAHNEMANN  l'a présenté comme le "roi des antipsoriques".  Henri BERNARD en a fait le support d'une constitution équilibrée, modèle quasi-idéal, réagissant électivement et exclusivement sur le mode psorique, et deux types déséquilibrés - SULFUR MAIGRE réagissant sur le double mode psorique puis tuberculinique et SULFUR GRAS ou scléreux, réagissant sur le mode psorique puis sycotique.  Si ces deux types équilibrés mettent en œuvre un second mode réactionnel, c'est parce que le mode psorique ne suffit plus.


SULFUR couvre toute la première partie du mode réactionnel psorique, celle des éliminations centrifuges, tapageuses sur le plan clinique, vite résolutives le plus souvent et suivies d'une longue période d'amélioration de l'état général, ce qui explique pourquoi les homéopathes pensent qu'elles sont salutaires et donc à respecter.  Plusieurs situations peuvent être rencontrées, qui exigent toujours SULFUR, mais qui doivent être commentées.


Pour tenter de faire comprendre les différents tableaux cliniques de SULFUR, il semble utile de commencer par décrire un sujet un peu idéal, bien équilibré à tous points de vue.


Voici un sujet, généralement jeune (adolescent ou adulte jeune), bien portant, ayant été rarement malade dans son enfance, sinon quelques éruptions cutanées et qui vient consulter pour une aphtose buccale ou pour une gingivite érythémateuse banales, mais périodiques et alternant parfois avec une éruption de boutons ou d'herpès, notamment autour des lèvres.  L'interrogatoire ne révèle aucun signe particulier, sinon la brûlure ou la sécheresse buccale.  L'absence du contexte étiologique habituel (sédentarité et erreurs hygiéno-diététiques) n'explique pas la mise en œuvre du mode psorique, et peut-être faut-il voir là une réminiscence du mode psorique des parents.  L'expérience clinique montre l'efficacité de SULFUR 15 CH une fois par semaine, puis en prises espacées (cette efficacité est sans doute un argument en faveur de l'existence d'une composante héréditaire du mode psorique).

Voici maintenant un sujet du même genre mais entré dans la vie active depuis quelques années, absorbé par son travail, ayant une vie sédentaire avec ce qu'elle comporte d'excès alimentaires.  Ce sujet peut venir consulter son dentiste soit pour des gingivorragies, soit déjà pour une gingivite ulcéreuse, soit encore pour une aphtose ou des éruptions brûlantes sur les lèvres, ces affections s'accompagnent d'une mauvaise haleine matinale, d'une langue saburrale avec bouche pâteuse.  Le contexte a changé, des troubles digestifs sont présents depuis quelques mois, voire un an ou deux, banals au début mais plus manifestes: ballonnement intestinal, région du foie douloureuse, renvois acides, brûlures de l'estomac ou du tube digestif, diarrhée brûlante mais aussi constipation avec faux besoins urgents et inefficaces, quelques douleurs hémorroïdaires.  Ce sujet qui jusque-là se moquait du facteur climatique, est devenu thermophobe,        il ne supporte plus la chaleur, surtout confinée, la chaleur du lit (il se découvre dans son lit), qui provoque des bouffées de chaleur ou une céphalée battante, avec rougeur de la peau, sueurs profuses.  Il y a quelques mois, il a eu une poussée de furoncles, comme dans son enfance.


Dans ce cas, il y a une illustration du mode psorique mis en œuvre pour éliminer les déchets métaboliques que le foie n'arrive plus à dégrader et que l'organisme tente d'éliminer par des voies de suppléance: la peau et les muqueuses, d'où les éruptions cutanées et la gingivite.  A ce stade, la suppression des éliminations devient très dangereuse, soit en raison des métastases induites et consécutives, soit par accentuation de la congestion artérielle ou veineuse qui commencent seulement à se développer. C'est ce que l'on fait pourtant en médecine classique, soit par une antibiothérapie itérative, soit par un traitement chirurgical des lésions parodontales.


  Pour peu que le comportement ait évolué dans le sens de l'excitation, puis de la dépression, on trouve l'indication complémentaire de NUX VOMICA.  A ce stade, la gingivite est encore facilement réversible, mais son traitement exige que le patient accepte quelques règles hygiéno-diététiques.


Si tel n'est pas le cas, la décompensation va s'accentuer avec apparition d'une pathologie hépato-vésiculo-digestive plus lourde (cholestérol, triglycérides, acides gras, ... ) avec progressivement atteintes organiques puis lésionnelles des grandes fonctions.  Dans un tel contexte, les éliminations, pourtant nécessaires plus que jamais, deviendront difficiles: constituant autant de pathologies qui tendent vers la chronicité au niveau des émonctoires cutanés et muqueux, puis apparition de troubles au niveau des séreuses, toutes pathologies de moins en moins réversibles.  Et selon les cas, d'autres modes réactionnels sont mis en œuvre: tuberculinique avec l'indication de NATRUM MURIATICUM, IODUM, SILICEA.... ou sycotique avec GRAPHITES, NATRUM CARBONICUM, NATRUM SULFURICUM, THUYA ... et d'autres ...


La gingivite ulcéreuse va évoluer vers une parodontopathie, avec souvent une étape plus ou moins longue de mobilité dentaire, accentuée au niveau du bloc incisivo-canin (signe de congestion veineuse de la circulation de retour).  La tendance aux ulcérations, à la suppuration entraîne la formation de poches, qui suppurent, qui s'étendent dans la profondeur des tissus parodontaux.


Ainsi, il y a une progressivité dans l'évolution des maladies parodontales, en fonction de la dégradation de l'état général, dans la logique du mode psorique.  Si SULFUR est souvent seul indiqué au début, époque où tout est facilement curable, petit à petit d'autres médicaments dominent momentanément le devant clinique: NUX VOMICA d'abord, puis LYCOPODIUM déjà plus lésionnel, puis d'autres médicaments selon les sujets et les autres modes réactionnels mis en œuvre.  Le pronostic est évident niais si l'on hésite entre plusieurs médicaments, c'est que la situation s'est compliquée, le pronostic devient a] moins bon.  Aussi longtemps que la radiographie ne révèle pas de grosses lésions alvéolaires, on peut tenter le traitement homéopathique seul, associé à des règles hygiéno-diététiques.  Dans le cas contraire, il est nécessaire de traiter le sujet par son médicament de fond, l'intervention chirurgicale ne sera tentée que s'il y a amélioration objective des signes buccaux.  Si la chirurgie était tentée, sans traitement de fond homéopathique, la récidive serait la règle, à moins d'une métastase parfois défavorable (asthme, poussée hypertensive avec les risques qu'elle comprend, etc ... ).


La posologie tient compte du contexte, et notamment de l'état des émonctoires.  Les basses dilutions, utiles en cas de suppuration, exigent une surveillance attentive.  Les hautes dilutions risquent de bloquer les éliminations et donc d'aggraver la congestion artérielle ou veineuse.  Dès que le tableau clinique est devenu plus compliqué, il faut commencer par un complémentaire.

NUX VOMICA




L'expérimentation pathogénétique de la noix vomique, dont le principal alcaloïde est la strychnine, devant la brucine, provoque une hyper excitation avec tendance spasmodique particulièrement au niveau du système nerveux et de l'appareil hépato-digestif.


1/ Les signes bucco-dentaires:

  


2/   Le contexte général et commentaires:


Actuellement, ou de plus en plus, NUX VOMICA déborde l'image qu'on en dresse d'un médicament indiqué chez un homme d'affaires surmené, toujours sous pression, soumis à toutes sortes d'excès et d'abus, de toxiques surtout (alcool, tabac, médicaments, etc ... ). En fait, NUX VOMICA s'adresse à n'importe quel sujet pourvu qu'on trouve dans son état les conséquences d'une poly-intoxication associée à un mode de vie défavorable, sédentaire avec surmenage, le tout aboutissant à un état d'excitation physique et mentale, alternant avec des périodes de dépression.


La pathologie bucco-dentaire est souvent la conséquence d'un mode de vie défavorable, ayant surchargé la fonction hépato-vésiculo-digestive par suite d'erreurs hygiéno-diététiques répétées.  La gingivite ulcéreuse et hémorragique ou l'aphtose buccale apparaissent au cours ou à la suite d'excès alimentaires.  Souvent, la gingivorragie exprime une congestion veineuse accentuée par périodes. 


Les troubles digestifs dominent, du moins au départ: désir et abus d'alcool, de café ou de thé, de mets relevés, épicés, salés, de plats en sauce, etc ... or, il supporte très mal cette alimentation qui provoque une dyspepsie, et qui pendant un temps provoque une inappétence ou une faim vite rassasiée, avec dégoûts pour de nombreux aliments qu'il aime pourtant.  Après le repas, un ballonnement oblige à desserrer la ceinture, il éprouve ensuite un besoin de faire une sieste, un court sommeil l'améliore, il devient mal à l'aise et irascible s'il ne peut dormir, même quelques minutes.  Progressivement, une constipation apparaît, avec des besoins urgents mais inefficaces, le plus souvent en raison d'un réflexe antipéristaltique.  Ce même réflexe apparaît lors d'un état nauséeux, lui donnant l'impression qu'il serait mieux après vomissement, qui ne se produit pas. 


De temps en temps, une poussée d'hémorroïdes le rend irascible en raison de la douleur, de la gêne, des faux besoins, du ténesme après la selle.  Le foie est alors congestionné, douloureux.  C'est au cours de cette période qu'on peut voir ce patient pour une gingivite ulcéreuse, ou même pour une banale gingivorragie, témoin d'une congestion portale et veineuse.  Pendant la période des troubles digestifs aigus, il n'est pas facile de donner des soins dentaires à un tel patient. Tout d'abord, parce qu'il vient au cabinet dentaire contraint le plus souvent par une douleur qu'il ne tolère pas et qu'il exige d'être pris sur le champ, il ne veut jamais attendre, il ne supporte aucune contrainte liée au traitement. Il se réfugie dans une lipothymie au moment critique.  Son mode de vie le rend irascible, coléreux, capable d'impulsions agressives, odieux avec son entourage professionnel et surtout familial.  Heureusement, il parvient parfois à se contrôler avec des étrangers, surtout dans les périodes moins aiguës.  Et autre conséquence, s'il vient au cabinet dentaire lorsqu'il a mal, il est difficile de le faire revenir pour des soins répétés.  Ce comportement résulte essentiellement de l'atteinte- de son système nerveux dans le sens de l'excitation avec spasmes, puis de dépression mélancolique. 


En fait, ce sujet s'est laissé débordé par son mode de vie fait de surcharges de travail, de manque de repos, d'abus de toutes sortes, alimentaires mais aussi médicamenteux, pour combattre les troubles et certains effets désagréables (somnifères puis stimulants, pansements gastriques, laxatifs, antalgiques ... ). Lorsqu'il prend des vacances suffisamment longues, la plupart de ses troubles s'améliorent.


   Les troubles bucco-dentaires reflètent l'état de la fonction digestive.  Troubles fonctionnels d'abord à type d'éliminations muqueuses ou par suite de la congestion veineuse d'origine portale, puis atteinte de la nutrition du parodonte avec un début d'alvéolyse, gingivite de plus en plus ulcéreuse, premiers pas vers une parodontopathie véritable, NUX VOMICA est alors dépassé au profit d'un autre médicament.  D'une manière générale, NUX VOMICA complète ou fait suite à SULFUR, dont il est le remède d'aggravation du système nerveux et de l'appareil hépato-digestif.  Si ces deux médicaments sont complémentaires, ils sont des modalités différentes.  La thermophobie de SULFUR, puis son instabilité thermique sont ici remplacées par une hypersensibilité au froid et aux courants d'air froid, qui déclenche certains troubles comme la rhinite améliorée au grand air et aggravée dans une chambre chaude.


  NUX VOMICA peut ainsi jouer un rôle curatif sur les troubles gingivaux, mais surtout préventif sur l'évolution vers une parodontopathie, en agissant sur la cause profonde, les troubles hépato-digestifs et la congestion portale.  Il faut commencer le traitement par une 7 CH une ou deux fois par jour pendant les troubles aigus, puis espacer les prises en élevant la dilution et en recherchant surtout le complémentaire de fond, SULFUR dans une évolution favorable (et dont les troubles sont plus anciens) ou LYCOPODIUM ou ARSENICUM ALBUM en cas d'aggravation.


Remarque: IRIS VERSICOLOR se montre très utile, comme complémentaire de SULFUR ou de NUX VOMICA dans les inflammations de la muqueuse buccale avec une sensation de brûlure intense, qui peut se retrouver tout le long du tractus digestif, accompagnées souvent de migraines, de dyspepsie acide. Les troubles surviennent fréquemment en fin de semaine après quelques jours de surmenage = migraines du week-end.

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A propos du cancer du foie